Kawai Z1000

CRÉATEUR DE STYLES

Si Kawai se fait plus discret que ses concurrents en matière d'arrangeur, le résultat est toujours au rendez-vous. Preuve en est avec ce nouveau clavier où le jeu et la création sont mis en avant, épaulés par de séduisantes caractéristiques et un son décoiffant.

Déjà testé ici, l'ACR-20, module sonore MIDI lecteur / enregistreur / arrangeur avait déjà séduit la rédaction. Voici que Kawai récidive avec le Z1000 et propose un clavier arrangeur amplifié, aux fonctions alléchantes et aux sonorités particulièrement réussies, grâce notamment au système SRS (Sound Retrieval System) basé sur une spatialisation Surround du son qui donne un effet stéréo élargie et optimise les sonorités d'accompagnement et de solo.

Z comme Z1000

D'un design plutôt sobre, le Z1000 possède un clavier soixante-et-une notes, sensible à la vélocité et à l'aftertouch. Muni d'un large écran LCD rétro-éclairé de 240 x 64 points, il offre un confort visuel de qualité, tout en permettant un accès facile aux différents paramètres représentés à l'écran, avec une interaction intuitive grâce aux douze touches de fonctions situées sur les côtés et le bas de l'afficheur. Une sortie stéréo, trois prises MIDI, un lecteur de disquettes et une amplification de 2 x 15 Watts viennent parachever ce descriptif.

Pour se plonger immédiatement dans l'appareil, rien de mieux que d'écouter les habituels morceaux de démonstration. Ici, cinq séquences sont disponibles en ROM (pas question de récupérer les données MIDI) et tout de suite, on constate une maîtrise totale, aussi bien au niveau des styles (dance, rock, ambiance bar...), que des sonorités. Ces morceaux sont vraiment représentatifs de l'appareil qui se veut axé sur une totale liberté de jeu, alliée à de sérieux programmes de styles en mémoire. Aussi, explorons plus avant les possibilités du clavier Kawai.

Style, seq. and son

Le Z1000 possède deux cents sonorités couvrant l'étendue des familles d'instruments habituels : cuivres, cordes, claviers, percussions (dix kits de batterie) d'une qualité 16 bits remarquable. Les pianos, basses, guitares et cuivres ont retenus principalement notre attention. Le son est clair, propre et tient la route aussi bien dans les notes basses que dans les aigus. Dix emplacements utilisateur autorisent le stockage de dix sons après édition (attaque, relâchement, coupure, effet... ). Les paramètres sont peu nombreux, mais permettent néanmoins d’agir vite et bien sur n'importe quelle forme d'onde, composante du son.

Parallèlement, le Kawai peut générer jusqu'à cent vingt styles (rock, jazz, pop, dance, country, latin... ), avec pour chacun six variations et six fill-in (break) différents, ainsi qu'une intro et une fin. Il est rare de constater autant de variations pour un même style, et c'est d'autant plus bénéfique pour le musicien. Dix emplacements sont également disponibles pour que l'utilisateur puisse y sauvegarder ses propres rythmes qu'il aura modifiés ou composés. Les arrangements sont de très bonne qualité, bien que l'appellation "acid" et "techno" pour certains rythmes puissent sembler légèrement fantaisiste. Quoiqu'il en soit, le Z1000 procure de véritables sensations rythmiques lorsqu'on pose les doigts sur le clavier.

En complément de l'édition des styles, le mode Conductor vous autorisera la création de plus de 4,3 millions de styles différents et ce, par l'intermédiaire de deux niveaux d'édition. Le premier - le plus simple - consiste à modifier les phrases musicales d'un Style déjà existant, puis à sauvegarder ce nouveau style. Le second - plus poussé - permet de jouer sur le groove, l'effet ou le panoramique d'un style. Chacun des styles Conductor peut être stocké dans l’un des quarante emplacements utilisateur disponibles.

Au niveau séquenceur, le Z1000 est plutôt bien servi. Dérivé du Q-80 Kawai, ses fonctions internes autorisent l’enregistrement et la reproduction d'un morceau sur seize pistes, la capacité mémoire étant de 40 000 notes. On trouve les fonctions habituelles (insérer, effacer, copier, mixer .. ), ainsi que d'autres, plus poussées telles que la quantification de groove ou la modification de vélocité. De plus, un éditeur d'événements permet une édition extrêmement précise. Les séquences ainsi composées peuvent être sauvegardées sur disquette au format du Z1000 ou au standard MIDI File. A ce sujet, le clavier Kawai peut lire toute les disquettes formatées MS-DOS (720 Ko ou 1,44 Mo) comprenant des séquences MIDI Files au format 0 et 1.

Mon général, il est MIDI

La compatibilité GM est assez bien respectée dans l'ensemble et le Z1000 s'en tire avec les honneurs. Il est clair que l'ajout du système sonore SRS (que l'on peut activer ou désactiver à loisir) est un plus et donne une coloration et un grain particulièrement efficace. A cela s'ajoute un égaliseur sept bandes programmable (quatre configurations d'usine, plus deux utilisateurs), un processeur de réverbe (cinq types) et deux processeurs multieffets comprenant une quinzaine de traitements tels que chorus, délai, phaser, exiter, Leslie, etc.

Celui-ci prend toute sa dimension lorsque, par exemple, on assigne un effet à la partie "lead" et un autre à la partie "accompagnement". Pour 1 969 €, le Z1000 se place dans la course aux claviers-arrangeurs relativement abordables, et ses qualités devraient séduire un public friand de Styles percutants.

Test réalisé en décembre 1996 par Ludovic Gombert pour le magazine Keyboards (n°105)

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