Sony MDM-X4

MINIDISC, MAIS IL FAIT LE MAXIMUM

A l'heure où le numérique semble s'imposer de plus en plus à tous les niveaux de la chaîne musicale, Sony propose son studio portable : un combiné console six voies et enregistreur numérique quatre pistes sur MiniDisc.

Destinés à prendre au fil du temps la relève des modèles portables sur cassette analogique, les studios console/enregistreur numérique se multiplient et se démocratisent. Pour preuve, déjà plusieurs spécimens se bagarrent dans la course au rééquipement des home-studistes : Yamaha MD4, Tascam Portastudio 564 et Sony MDM-X4, fruit de toute notre attention ici même.

Avant toute chose, il serait bon d’effectuer un bref rappel concernant le MiniDisc. Développé par Sony en 1992, ce support, d’une capacité de 140 Mo (74 minutes), avait pour vocation de détrôner la cassette, tout comme la DCC de Philips. D'un prix public d’environ 13 Euros, le MiniDisc n’a pu percer le marché de la cassette, et se tourne désormais vers celui du studio en s'attaquant à la très présente DAT. Trois constructeurs, trois machines, mais un seul standard : le MiniDisc.

De l'avantage du studio portable

Certes, le concept du "tout-en-un", à savoir faire cohabiter dans une même machine, console de mixage et enregistreur, n'a rien d'innovateur. Nombre d’entre vous ont utilisé et utilisent encore des Portastudio. Combien de maquettes ont ainsi pu voir le jour, après tant de nuits blanches de dur labeur. D'autre part, il est relativement aisé de se déplacer en emportant sous le bras son appareil pour, par exemple, effectuer un enregistrement live ou simplement immortaliser sur bande le prochain "tube" qui vous vient à l'esprit, alors que vous randonnez sur les chemins tortueux du GR20 qui sillonne la Corse.

Toutefois, la nouvelle génération de studio portable, tel que le Sony, supprime définitivement l'utilisation de la cassette et donc de la bande. Au résultat, on gagne sur la qualité de l'enregistrement, grâce à une résolution 16 bits à 44,1 kHz et un système de compression baptisé ATRAC (Adaptive TRansform Acoustic Coding). De plus, le temps d'accès aux points de locators, et en règle général aux morceaux eux-mêmes, s’opère de façon immédiate, Plus de rembobinage de bande avec un positionnement parfois quelque peu aléatoire.

J'en ai rêvé, Sony l'a fait

Le design du MDM-X4 est sobre : pas de touches inutiles. Les potentiomètres rectilignes pour le réglage du volume sont agréables à manier et chaque bouton des tranches de la console est de bonne facture (pas de frottements inopinés). Sur le côté droit de l'appareil se trouve la partie enregistreur où trône un large écran LCD affichant le niveau des quatre pistes, plus celui du master ainsi qu'un compteur disposé ainsi : 000 minutes 00 secondes 00 frame. D'autres indications viennent compléter la panoplie comme le nom du morceaux en cours ou les informations de synchronisation.

Sous l’écran, quatre touches servent à sélectionner le ou les pistes que vous souhaitez enregistrer, aussi bien dans le cas d’un "punch-in/out" manuel. Deux autres groupes de quatre touches composent la partie "locate" dans lesquelles il est possible d’insérer des points d’entrée et de sortie, et programmer jusqu'à huit locators via les quatre touches alphabétiques A, B, C, D - le bouton "shift" permettant d'obtenir les quatre autres locators.

Enfin, l'indispensable molette jog/shuttle vient compléter le tout. Dotée de deux axes rotatifs, elle autorise l’avance et le retour rapide avec l'axe extérieur, tandis que celui à l'intérieur affine très précisément les valeurs. Notons au passage que le jog/shuttle ne se contente pas que de la navigation à l'intérieur d’un morceau, mais également de la sélection des paramètres à l’intérieurs des menus.

A gauche de l’appareil : la section console. Celle-ci comporte quatre tranches mono, une stéréo et une autre dédiée au master. La connectique d’entrée et de sortie se fait sur le bandeau au fond de la façade, ainsi que sur la face arrière (sortie stéréo et monitor).

En pratique

Par rapport au classique magnétophone à cassette, l’utilisation du MDM-X4 diffère sur certains points. Le plus marquant - et sûrement le plus utile - concerne la possibilité d'annuler la dernière opération de montage réalisée. Par exemple, vous venez d’effectuer un punch-in/out qui ne vous convient pas : il suffit d'appuyer sur "Undo" pour que l’opération soit annulée. A ce propos, dommage que le Sony ne se contente que d'un seul niveau d’Undo. Cela dit, on ne peut qu'être séduit par la facilité dutilisation des différentes fonctions de montage numérique de l'appareil.

Le couper/coller prend ici toute sa dimension : par exemple déterminer un fragment d’une piste, puis le copier et le coller vers une autre destination, l’effacer ou bien intervertir la position de deux segments... autant de possibilités qu’il devient aisé de pratiquer par une interface fort ergonomique. D'autant que le MDM-X4 autorise jusqu’à 255 morceaux par MD-Data

Pour conclure

Proposé à un prix public de 1 219 Euros et livré avec cinq MD-data, le MDM-X4 représente une alternative de choix pour qui souhaite évoluer d’un studio portable cassette vers un numérique, ou tout simplement pour le musicien soucieux de posséder une station d'enregistrement de qualité.

Test réalisé en mai 1997 par Ludovic Gombert pour le magazine Keyboards (n°110)

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