Yamaha SU10

L'ÉCHANTILLONNEUR DE POCHE

Dans la course à la miniaturisation, nous voyons fleurir depuis quelques temps des appareils capables de tenir dans la main, donc faciles à transporter. Yamaha ne demeure pas en reste et propose le SU10, un échantillonneur complet qui vous suivra pas à pas.

Une nouvelle collection chez Yamaha, c'est un peu comme dans la Haute-Couture, on l'attend avec impatience et on en parle beaucoup quand elle sort. Cette année encore, impossible de déroger à la règle, d'autant que la firme nippone nous gratifie de plusieurs instruments fort séduisants dont notamment le clavier CS1x ; mais la surprise nous vient du côté de l'échantillonneur SU10.

En effet, si on fait l'impasse sur le célèbre TX16W, aux caractéristiques attrayantes mais au système d'exploitation rébarbatif, le sampling est loin d'être le fer de lance de Yamaha. Certes, il est possible de travailler des formes d'ondes importées en RAM, comme c'est le cas avec le SY99, mais au niveau de l'enregistrement pur, les appareils sont inexistants.

Bien entendu, le SU10 ne vient pas se placer en concurrence avec un S3000, un K2000 et autres "mastodontes" de l'échantillonnage. Il ne revêt pas l'aspect technologique, son objectif est tout autre puisqu'il se positionne en tant qu'appareil grand public, orienté "dance" avec de nombreux contrôles en temps réel et surtout la possibilité de l'emporter avec soi très facilement.

Sample comme bonjour

Le SU10 se présente sous la forme d'un petit module de la taille d'une cassette VHS, alimenté soit par un adaptateur secteur externe, soit par six piles de 1,5 V. Sur le panneau avant, un écran LCD, un ruban de contrôle et des touches de fonction permettent l'accès et la visualisation des différents paramètres de l'appareil.

Concrètement, l'engin combine quatre modes opératoires. Le premier, Rec, enregistre des échantillons dans l'un des quarante huit emplacements mémoire disponibles. Pour cela, il suffit de connecter une source d'entrée (ligne ou microphone), de définir les paramètres d'enregistrement et de lancer l'opération. Cette étape se réalise de façon intuitive et surtout très rapidement...

Dans un premier temps, on choisit le pad auquel sera assigné l'échantillon, sachant que le SU10 dispose de douze pads et qu’il existe quatre banques (donc 12 x 4 = 48 emplacements). Lorsque le pad est sélectionné, la durée denregistrement maximum disponible apparaît en bas de l'écran. Celle-ci dépend de la mémoire déjà utilisée par les autres pads, ainsi que des réglages sélectionnés pour les paramètres d'enregistrement, c'est-à-dire la résolution d'échantillonnage (11,64 - 22,05 - 32 et 44,1 kHz), la hauteur (entre -20% et 10%) et le format (mono ou stéréo).

Vous disposez d'un temps maximum d'échantillonnage de dix neuf secondes en résolution supérieure, de vingt sept secondes en résolution standard, de trente huit secondes en résolution longue ou enfin de cinquante quatre secondes en résolution ultra-longue. Le contrôle du gain d'entrée peut être affiné plus ou moins fort (de 1 à 16), avec la visualisation d'un seuil d'écrêtage. Le déclenchement de l'enregistrement peut se faire manuellement en appuyant sur la touche Play ou par une fonction de "trigger", sensible à un seuil déterminé.

Dans ce mode, il est également possible de créer quatre morceaux dans l'un des emplacements disponibles. Le SU10 dispose de huit Ko, soit environ 1 000 déclenchements/relâchements de pads et de touches, sachant que la polyphonie est de quatre échantillons. Il faut remarquer que l'appareil conserve les échantillons et les morceaux en mémoire après extinction, donc pas besoin, comme sur les échantillonneurs traditionnels, de recharger son travail.

Lecture & édition

Le deuxième mode disponible sur le SU10 concerne la reproduction des échantillons et des morceaux. Celui-ci s'avère très simple : pour écouter un échantillon, il suffit d’appuyer sur le pad qui lui est assigné. Durant cette opération, il est possible de lui faire subir plusieurs traitements sonores ou de lui adjoindre de précieuses fonctions.
Ainsi, le simple fait d'appuyer sur la touche Rev simultanément, fait jouer l’échantillon en sens inverse. On peut également reproduire un son unique sur chacun des douze pads avec une hauteur augmentée d'un demi-ton à chaque fois. D'autres fonctions plus poussées comme "pitch", "filter" ou "scratch" feront appel au ruban de commande en face avant du panneau.

Ce ruban, sorte de pitch bend plat et linéaire, vous autorisera un accès physique en temps réel par rapport au son. Il suffit de déplacer le doigt dessus pour appliquer un effet de scratch ou de filtre, ce dernier étant programmable. De plus, ces deux effets sont également assignables en temps réel à un signal externe raccordé à l'appareil par l'entrée audio. Un autre mode essentiel au SU10 est celui concernant l’édition des échantillons. Là encore, Yamaha s'en tire avec brio puisqu’il est possible de modifier le point de départ et de fin, de créer une boucle complète, partielle ou inversée, et de déterminer le volume du pad assigné à l’échantillon. Bien sûr, la copie, le déplacement, la séparation, l'effacement et la réduction d'échantillons font également partie des options que présente le SU10.

Enfin, le dernier mode proposé correspond aux différentes fonctions utilitaires autres que celles d'échantillonnage comme les paramètres MIDI (canal MIDI, numéro d’appareil, commande locale, numéro de ruban pour contrôler un appareil externe...) et denregistrement (résolution de reproduction, choix de l’entrée audio, etc.), les données de transfert et le transfert d’échantillons en MIDI Sample Dump Standard.

Il tient dans la main...

…mais aussi sur un CS1x qui dispose sur sa face avant d’un espace spécialement dédié au SU10. Vous l’aurez compris tout au long de cet article, cet échantillonneur se veut un instrument convivial et surtout facile à emporter. Son format et ses options le destinent à la scène pour des DJ ou des artistes de house, techno, rap ou bien pour la réalisation de bruitages grâce à la prise de son en extérieur (idéal pour le multimédia, les ingénieurs du son).

Produit d’appoint pour certains pros, ou d’initiation pour les débutants, il a pour atout son prix très abordable (395 €), sachant de plus qu’il est livré avec deux CD audio regroupant plus de 750 sonorités (bruitages, effets, boucles de batteries... ).

Test réalisé en octobre 1996 par Ludovic Gombert pour le magazine Keyboards (n°103)

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