Yamaha SW1000XG

Si vous désirez installer un studio virtuel dans votre bécane quelque peu essoufflée, vous serez prêt à tout pour acquérir la SW1000XG de Yamaha. Et ne dites pas que l’on ne vous aura pas prévenu…

Ce n’est pas tous les jours que Yamaha suscite l’événement en sortant une nouvelle carte son. Après tout, la D850XG (ayant fait office de précurseur) apporte bien plus au PC audio que ne le fit la couleur pour la télévision ! Fort de quatre années d’expérience, Yamaha est confiant dans le fait que la SW1000XG ne manquera pas de devenir un nouveau standard d’exigence en matière d’informatique musicale.

Au regard de la plupart des cartes son, la SW1000XG apparaît plutôt comme une véritable carte de production audio visant un public peut-être légèrement plus averti. Elle ne s’inscrit pas pour autant dans la catégorie de ces cartes à multiples entrées/sorties, souvent onéreuses, ne possédant même pas leur propre banque de sons. Au contraire, la SW1000XG intègre 1 267 instruments et un ensemble de 46 percussions. Son prix équivaut à celui d’un expandeur, un argument non négligeable, bien loin toutefois de constituer son seul atout, comme nous allons pouvoir le vérifier.

En prévision d’un nombre croissant d’applications audio, la carte a été équipée de 12 voies de sortie mono (ou 6 stéréo) ainsi que de bus multi-effets. Fait intéressant : la carte peut être installée de telle sorte que ses propres effets soient aussi bien disponibles pour les pistes audio que pour les pistes MIDI de votre séquenceur. De plus, des effets peuvent être appliqués avec un logiciel après passage dans une application de traitement du son ou à un périphérique connecté à une entrée de la carte son. Ces deux solutions sont d’ailleurs combinables.

Chose étonnante, il y a jusqu’à 70 effets entièrement programmables configurés tel un mélange d’inserts et de processeurs auxiliaires. Jusqu’à 6 de ces effets peuvent être utilisés en parallèle : une réverbe, un chorus, une variation, deux inserts et un équaliseur paramètrique principal. D’autres types d’effets peuvent être appliqués à la volée sur une piste MIDI.

Et maintenant le meilleur : ces applications sont traitées sans puiser dans les ressources processeur, le laissant libre de manipuler plus de pistes audio ou d’effets logiciels supplémentaires.

Aspect technique

Il s’agit pour l’essentiel du module de son haut de gamme XG de chez Yamaha intégré dans une carte PCI demi-format. Alors comment ne pas se soucier d’un éventuel manque de mémoire sur la carte étant donnée l’impressionnante palette de sons proposée ? Que tous les sceptiques se rassurent : 20 Mo d’échantillons d’instruments sont prévus à cet effet. Pour vous donner une petite idée, sachez que cela représente 5 fois la capacité de la D850XG et 20 fois celle de la Créative AWE32.

Pour manier ces effets et ces pistes audio, Yamaha s’est servi de sa puce maison : la DSP3. Celle-ci a déjà fait ses preuves pour le compte d’un certain nombre d’équipements studio très sophistiqués (et tout aussi chers) comme les consoles audio numériques de Yamaha, la 02R et la 03D, l’échantillonneur A3000, et la DS2416 DSP Factory.

A l’arrière, la SW1000XG est dotée de connecteurs plaqués or pour les sorties lignes et S/PDIF, ainsi que d’une entrée stéréo en jack 3,5 mm destinée au matériel audio externe. En terme de signal, elle accepte aussi bien un micro qu’une ligne externe. Le connecteur restant est, quant à lui, réservé à la connexion d’un adaptateur MIDI muni d’une entrée et d’une sortie simple. A notre plus grand regret, aucune entrée S/PDIF ne semble avoir été prévue.

Toutefois, sur le dos même de la carte se distinguent deux autres connecteurs, l’un est affecté à la DSP Factory précédemment citée (permettant d’améliorer le traitement audio), tandis que l’autre peut accueillir des cartes d’extension PLG100 propriétaires.

Trois de ces cartes sont actuellement disponibles, un harmoniseur vocal et deux synthés : le VL70M et le DX6. L’harmoniseur peut tout aussi bien être branché en analogique sur le connecteur micro, qu’utilisé comme effet interne aux applications VST ou Cakewalk. Quatre types d’effets vous sont proposés (y compris un vocoder). De même, vous pouvez appliquer des progressions harmoniques jouées à partir d’une piste MIDI.

La carte VL70M est un générateur physique de modulations tonales mono et contient 256 instruments acoustiques et électroniques ajoutés à 64 mémorisations possibles.

Le logiciel, enfin !

La version utilisée était pilotée par les drivers aux normes MME pour Windows 95 et 98, tout en sachant que les drivers Mac quant à eux, viennent d’arriver.

Livré avec la carte, le XGwork de Yamaha comprend un séquenceur audio et MIDI basique d’un usage extrêmement simple, bien qu’honnêtement, on ne voie pas qui aurait à s’en servir. Après tout, si vous êtes disposé à dépenser 4 500 F. pour une carte son, c’est que vous utilisez déjà un bon séquenceur. Les utilitaires XGEdit et Hubi’s Loop Back Devices nous paraissent nettement plus intéressants. Associés, ils permettent de contrôler entièrement la carte.

Configuration

Aujourd’hui, les cartes son ne posent plus vraiment de difficultés d’installation puisque le plug and play alloue automatiquement les ressources systèmes pour vous. Ne nécessitant qu’une seule IRQ, la SW1000XG s’installe, comme nous l’avions prévu, sans aucun problème. Après un bref redémarrage, nous sommes déjà prêts à commencer.

Les sorties son apparaissent sous la forme de 6 drivers indépendants dans les applications Windows, permettant à des programmes différents d’éditer leur propre sortie. Dans la mesure où les effets audio ne peuvent généralement être appliqués globalement qu’à des sorties audio spécifiques et non à des pistes audio individuelles à l’intérieur de votre séquenceur : c’est indispensable !

L’installation permet de configurer deux interfaces d’enregistrement sur votre système. La première est destinée à enregistrer à partir d’une source audio externe sur votre ordinateur, tandis que la seconde permet aux signaux audio et MIDI d’être incorporés avec des effets. Et s’il vous arrivait de ne plus avoir assez de voies ou d’effets, ce qui paraît bien peu probable, vous pourriez facilement transférer le tout sur une piste audio de votre séquenceur.

Dans le domaine du MIDI, la SW1000XG dispose de 64 voies polyphoniques réparties sur 32 canaux. C’est pour cette raison qu’il y a deux ports MIDI permettant de relier le synthétiseur interne. Il existe également un driver MIDI externe destiné à la connexion de nombreux autres périphériques.

La qualité sonore de la carte est à vous couper le souffle : aucune perturbation ne viendra gêner l’écoute. Notre engouement pour ce produit est tel, vous l’aurez certainement remarqué, que nous pensons sérieusement à le garder en permanence dans l’ordinateur. Il s’agit d’un matériel professionnel proposé à un prix incroyablement bas. Si vous avez envie de dépenser 4 500 F. (cela arrive !) et que vous voulez doter votre ordinateur d’un studio puissant, foncez chez votre revendeur aujourd’hui, vous ne le regretterez pas !

Matériel nécessaire
Mac : G3 avec 64 Mo de RAM - Port PCI
PC : Pentium à 166 MHz - 64 Mo de RAM - Windows 95/98 - Port PCI

Prix :
SW 1000XG : environ 4 500 F.
PLG100-DX : environ 2 000 F.
PLG100-VL : environ 1 200 F.
PLG100-VH : environ 1 000 F.

Plus
Ne nécessite pas un Mac/PC trop puissant
Des sons et des effets de qualité
Six voies audio

Moins
Pas d’entrée S/PDIF
Pas de mémoire RAM pour stocker les instruments utilisateurs.

Comment la SW1000XG s’intègre dans la configuration de votre séquenceur ?
Chaque paramètre présent sur la SW peut être contrôlé par le biais du canal MIDI. Ceci inclut le volume et les sorties d’effets pour les pistes audio, les réglages pour les effets eux-mêmes et le contrôle des cartes filles PLG100.

C’est là que tout se complique : tout ceci se réalise par le biais des commandes System Exclusif. Toutefois, cela n’est pas si grave dans la mesure où Yamaha avait prévu des environnements Mixer Maps et StudioWare Panels pour Logic, Cubase et Cakewalk. Même si tout cela vous permet de contrôler la carte directement à partir de votre logiciel séquenceur, l’utilisation de XGEdit (pour Mac et PC) nous a semblé plus claire et plus rapide.

XGEdit masque ses chaînes SysEx incompréhensibles derrière des touches, des boutons et des faders sur l’écran. Toutefois, le fait de pouvoir accéder aisément à l’ensemble des 1 267 instruments par leur nom constitue un avantage non négligeable. Lorsque votre carte est configurée comme souhaitée, il n’y a plus qu’à transférer les données via le séquenceur.

Les effets
La SW1000XG vous offre 70 effets entièrement programmables.
Rapide aperçu des principaux :
Réverbe : 12 types
Chorus : 14 types
EQ : 4 types
Delays : 4 types
Pitchshifts
Noise gate
Compresseur
Tremolos
Auto Pan
Phaser
Distorsion
Overdrive
Amp Simulateur
Auto Wah
Rotary speaker
Aural exciter


Article réalisé par Ludovic Gombert en juin 1999 pour le magazine Computer Music n°1

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