Les Meilleures Ventes d'Albums de Musique

L’être humain aime bien classer les choses, c’est dans sa nature. Ainsi, s’il compartimente les genres musicaux dans des petites cases : pop, rock, salsa, reggae, rap, etc., il s’amuse ensuite à les ordonner, notamment par un classement des meilleures ventes.

Le classement ne date pas d’aujourd’hui, surtout lorsque l’on parle de musique. Il y a bien sûr toujours eu des classements à la radio ou la télévision, mais sans vraiment de «fiabilité» quant à la véracité des chiffres. C’est en novembre 1984 que le bouleversement arrive avec le lancement, sur la toute jeune chaîne Canal +, de l’émission Top 50. Présentée par Marc Toesca et son célèbre «Salut les p’tits clous» jusqu’en 1991 puis par Bruno Solo et Yvan Le Bolloch (eh oui, messieurs Caméra Café), l’émission s’arrêtera en 1993 après être rapidement devenue une référence. Le concept était simple : les 50 meilleures ventes de 45 Tours (aujourd’hui Single), avec les meilleures entrées, les sorties, les chutes et les clips vidéo, le tout sur un ton jeune et dynamique...

Cette émission aura également permis d’alimenter pas mal de polémiques, nombres d’artistes trouvant grotesque de se mesurer via un classement sur les ventes de disques. D’autres jugeront par exemple qu’un groupe comme Licence 4 et son célèbre Viens boire un p’tit coup à la maison qui caracolera en tête des ventes pendant de nombreuses semaines n’avait pas sa place à côté de groupes comme U2 ou des artistes du calibre de Springsteen ou Elton John.

Quoiqu’il en soit, une page était tournée : le classement était devenu une arme marketing. Etre dedans représentait un impact médiatique important. Des rumeurs ont alors circulé et l’on a pu entendre tout et n’importe quoi, comme par exemple que des maisons de disques achetaient leur propre stock d’albums pour gonfler rapidement les ventes et ainsi se retrouver en tête des classements pour profiter de la notoriété et donc, vendre plus...

Les successeurs

Après l’arrêt du Top 50, il semble s’opérer une légère accalmie sur la course au classement. Ce n’est que de courte durée car depuis quelques années, les classements ont envahi nos écrans de télévision. Il ne se passe pas une semaine sans qu’un classement (de films, d’humoristes, de la chanson de l’année, de la chanson du siècle, de la plus belle chanson d’amour, de l’artiste préféré...) ne vienne pointer le bout de son nez. Il est vrai que nous sommes tombés dans l’ère de faire du neuf avec du vieux.

Toujours est-il que de nouvelles émissions de classement ont fait leur apparition. Citons le Hit Machine que l’on retrouve tous les samedis matin sur M6, présenté par Charly et Lulu. Le ton est plutôt bon enfant et s’adresse principalement aux jeunes. MCM a repris le Top 50 avec le classement complet des meilleures ventes de singles en France, tous les samedis à 19h (et chaque jour de la semaine, un classement détaillé), le tout animé par Sabine. Sur France 2, l’émission Top of the Pops, une adaptation de la mythique émission éponyme sur la chaîne anglaise BBC, dresse chaque semaine, dans la nuit de samedi à 2h du matin, le classement des meilleures ventes d’albums en France, présenté par la charmante Ness. TF1, quant à elle, propose Hits & Co avec au programme : classement des hits, nouveautés, coups de cœur, clips, annonces de concerts, interviews... Tous les samedis soir, à 1h.

Enfin, Internet oblige, citons le E-Classement réalisé par Fun TV et qui mettra en avant les 40 titres les plus téléchargés sur le Net. Diffusé le dimanche à 11h45 et 19h40 et le mercredi 10h35 et 19h40 et présenté par Isabelle Labrousse.

Le classement en France

Mais d’abord, sur quels critères classe-t-on un disque ? Certains s’appuient sur des sondages réalisés auprès d’un panel de personnes de moins de tant d’années et de plus de ça, qui se brossent les dents deux fois par jour et achètent en moyenne 2,3 disques tous les 6 mois… Bon, voilà un exemple de classement ! Mais il en existe un beaucoup plus sérieux et plus officiel, celui établi par le SNEP (Syndicat National de l’Edition Phonographique). Créé en 1922, il regroupe les principaux acteurs du marché du disque (distributeurs, fabricants, studios, producteurs…) qui réalisent 80% du chiffre d'affaires du marché du disque en France.

Chaque année, depuis 1973, le SNEP décerne des certifications d’albums, de singles ou de vidéos musicales. La certification est en fait l’attribution d’une récompense pour un disque ayant atteint ou dépassé un certain seuil de vente ; Le classement qui en découle parle beaucoup plus au grand public, à savoir : disque d’or, disque de platine, disque de diamant, etc. (cf. tableau Certifications en France).

Ainsi, tous les ans, on peut savoir que tel ou tel artiste à vendu X albums ou singles, informations que l’on retrouve dans de nombreux journaux ou bien récompenses que l’on voit décerner à la télévision dans les émissions populaires. Des sociétés sont d’ailleurs spécialisées dans la création de ces fameuses récompenses remises aux artistes et ce sont parfois de véritables œuvres d’art.


Quelques chiffres

En 2004, on pouvait constater qu’en France, seuls 6 albums avaient dépassé ou atteint le seuil des un million d’exemplaires vendus : la BO des Choristes, Calogero (Calogero), Ailleurs Land (Florent Pagny), Paradize (Indochine), Le chemin (Kyo) et Pokhara (Yannick Noah). En parallèle, un seul single de diamant : Dragostea din tei (O-Zone) – Source SNEP.

Outre-atlantique, les chiffres parlent d’eux-mêmes quand on voit que les 2 albums les plus vendus sont le Greatest hits des Eagles (28 milllions) et Thriller de Michael Jackson (26 millions). Ce qui est amusant, c’est que Thriller passe en tête en nombre de ventes dans le monde, tandis que Eagles passe à la troisième position après AC/DC (eh oui, du hard rock !). On trouve aussi des artistes peu connus en France comme Garth Brooks, mais célébrissime aux States en tant que chanteur de country et qui se classe en 4e position de l’artiste le plus vendeur, juste derrière les Beatles, Presley et Led Zeppelin… Chose intéressante, deux bandes originales de film viennent se greffer dans les 10 albums les plus vendus de tous les temps (Bodyguard et Dirty Dancing).

On remarquera enfin que sur les 10 albums les plus vendus, seuls deux datent des années 90 (les autres s’étalant dans les années 70 et 80). Serait-il plus difficile de nos jours de vendre une grande quantité de disques ? L’avenir le dira…

Dossier réalisé en 2005 par Ludovic Gombert pour le magazine MusicView

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