CALOGERO – [02/2005]

Avec plus de 15 ans de métier derrière lui, Calogero entame depuis quelques années une seconde carrière, en solo cette fois-ci, avec un succès sans cesse grandissant. Nombreuses récompenses, collaborations diverses avec d’autres artistes, tournées à guichet fermé, rien ne semble arrêter le parcours d’un artiste pop-rock made in France.

Tu as commencé très jeune dans le métier. Avec le recul, comment vois-tu ton évolution ?
J’ai l’impression que le succès est toujours arrivé en douceur, que ce soit avec les Charts ou en solo, et je trouve que c’est une chance. Il n’est pas arrivé d’un coup et cela permet de garder les pieds sur terre. Tu apprends surtout ton métier. J’ai fait beaucoup de scènes avec ce groupe et du coup, pour ma carrière solo, j’étais prêt. Le premier album avec les Charts n’a pas fonctionné, mon premier album en solo non plus. J’ai eu le temps de voir venir les choses.

Tu penses que si tu avais connu le succès d’un coup, cela aurait pu être déstabilisant ?
Oui, comme pour tout le monde. Tu prends un gamin ou une gamine, tu lui donnes la notoriété tout de suite, forcément, ça lui fait péter les plombs, c’est normal. Tu crois que tu es né ainsi, que tout ce qui t’entoure est ta vie alors que ce n’est pas cela du tout.

Il y a plusieurs femmes qui ont participé à l’écriture des textes sur tes albums : Zazie, Alana Filippi, Clémence Lhomme, Julie d’Aimé… Est-ce un hasard ?
Le premier album n’était pas un hasard, on voulait faire un concept qu’avec des filles. Pour la suite, oui c’est un hasard car j’ai rencontré des auteurs femmes. J’adore les textes de Zazie sur ma musique mais il y a des garçons qui ont aussi de belles sensibilités féminines. Un bon texte, c’est un bon texte, cela n’a rien à voir avec fille ou garçon. J’ai utilisé ce concept sur mon premier album et c’est resté.

Comment choisis-tu les auteurs ?
Je fais d’abord des musiques et ensuite je les propose aux auteurs. Ce sont des musiques dans lesquelles je crée une atmosphère, une ambiance. C’est rare que je fasse l’inverse, c’est-à-dire composer une musique sur un texte, mais ce fut le cas pour Si seulement je pouvais lui manquer.

Et pour le titre avec Passi, idem ?
Non, ce fut la musique en premier.

Ton dernier album a été conçu pour un jeu live ?
J’aime bien le son de groupe. J’ai fait partie d’un groupe et j’ai donc toujours cet état d’esprit. Mes musiciens me suivent depuis mon premier album et durant l’enregistrement de «3», nous étions tous dans une même pièce pour qu’on enregistre ainsi. Après, sur scène, les gens retrouvent cette énergie. Les groupes anglo-saxon fonctionnent de cette manière. Ils sont tous dans une pièce en studio et on y va, on enregistre tous ensemble, on cherche. C’est comme ça que j’aime travailler.

Et cette façon de travailler a été plus simple que sur les albums précédents ?
C’est une évolution. Petit à petit, tu as envie d’explorer de nouvelles choses. Pour la musique, si tu veux vraiment un son brit-pop (pop anglaise – ndlr), il faut jouer avec les musiciens et chercher. Comme la pop est à la mode en ce moment, même si je considère que c’est une musique intemporelle, il y a des gens qui n’ont pas du tout cette culture et qui te disent : je veux faire un disque, je veux faire de la pop et ils enregistrent d’abord le batteur, ensuite le bassiste, après le guitariste, etc. Ce n’est pas de cette manière que l’on fait de la pop, c’est une culture, un état d’esprit, tout le monde joue ensemble.

Justement, tu as déjà fait la moitié de ta tournée et tu repars bientôt pour de nouvelles dates, pas de lassitude ?
Non, je n’ai fait pour l’instant que 48 dates, il m’en reste encore 60. Je suis heureux de repartir. C’est le deuxième album qui a beaucoup de succès et cela se ressent, il y a une vraie histoire de scène. Je viens de la scène et le public le sent, c’est là où je suis le plus à l’aise. Bien plus à l’aise qu’à la télévision.

Sur tes concerts, tu t’accordes de l’improvisation ou tout est vraiment très cadré ?
Il faut avoir les titres qui s’y prêtent, c’est particulier. J’aime quand les morceaux sont bien ficelés.

Comment détermines-tu le choix de tes morceaux sur scène ?
Il y a ceux que le public réclament, il y a ceux que j’aime et il y a des chansons inattendues qui étaient bien sur l’album et qui sonnent encore mieux sur scène. J’ai repris aussi un titre de Dave, Du côté de chez Swan. Je trouve que c’est une chanson magnifique et j’ai voulu la réactualiser, lui faire un arrangement bien brit-pop. J’ai essayé d’apporter ce mélange entre la pop anglaise au niveau de la musique et le texte de la chanson française. J’avais plus envie de reprendre une chanson française qu’une chanson anglaise.

C’est cette idée de mélange qu’on retrouve avec Passi, marier le rap avec le pop-rock ?
Absolument. C’est assez nouveau en France.

Et tu as envie de continuer sur ce chemin ?
Je trouve que le rap va bien avec la pop-rock. Je crois d’ailleurs qu’il y a un projet d’album hip-hop/rock avec des duos de rockeurs et de rappeurs qui va bientôt sortir. J’ai l’impression d’avoir ouvert une porte.

Une influence tout comme pouvaient l’être, à l’époque, les Charts ?
C’était moins visible mais je suis complètement d’accord avec toi. Seulement, il n’y a que toi et moi qui le savons (rires). Alors que Face à la mer, c’est clairement dit.

Tu es nommé aux prochaines Victoires de la musique, après ta victoire de l’année dernière et celle des NRJ Music Awards. Ca représente quoi pour toi ?
Je trouve toujours très touchant de recevoir une victoire, c’est très agréable. Je suis à fond dans ce métier, j’ai tout le temps la tête dans la musique et d’un seul coup tu vas à une belle soirée, tu t’es habillé, tu arrives et on te donne un prix en public. Je ne crache pas dessus.

Entre ton premier album solo qui s’est peu vendu et le dernier qui est un succès, arrives-tu à expliquer le déclic ?
Le premier album, personne ne me connaissait. Je repartais à zéro, à part quelques personnes du métier qui savaient que je faisais partie des charts, mais sinon pour le grand public personne ne savait qui j’étais. Et puis les radios et les médias étaient un peu frileux jusqu’à ce que je me batte sur scène et que je montre que j’avais des choses à dire.

Ce succès ne te met pas une certaine pression pour la suite ?
C’est vrai que c’est exceptionnel. Je n’aime pas trop parler de chiffres mais il faut reconnaître que vendre plus d’un million d’exemplaires sur deux albums à la suite, c’est très rare. Ces deux albums, je les laisse à cette période. Après, c’est autre chose. Je ne vais pas me battre dans le but unique de faire des ventes. D’ailleurs je n’ai jamais pensé aux ventes mais aux chansons. C’est vrai que quand tu as les chiffres, tu te dis : «merde, il faut faire aussi bien !». Après l’album «3», j’ouvre une autre porte, je passe à autre chose, et on verra ce que ça donnera, si ça doit marcher ou non. Je ne veux pas m’accrocher à essayer de réaliser le même résultat sinon je pense que je serai malheureux.

Ne pas vouloir essayer de «calibrer» tes morceaux sur ce que tu as fait…
Exactement. Je crois que ma force réside dans la façon de travailler comme un artisan. Et je continuerai à travailler ainsi, dans mon petit atelier.

Quelle est justement ta méthode de travail ?
J’ai des périodes. J’ai ce que j’appelle un petit atelier : une pièce avec un studio, du matériel, mes guitares et je crée là-dedans. Mais je peux aussi composer chez moi car partout où je vais, il y a des instruments.

Tu donnes l’impression d’être productif entre tes disques, les tournées, les morceaux pour les autres en peu de temps…
Je suis productif mais je ne fais pas deux chansons par jour non plus. J’ai besoin d’idées, je laisse venir.

Après l’album «3», tu comptes passer à autre chose. J’ai l’impression que tu as fait un peu pareil avec les Charts où tu ne chantes jamais leur répertoire. De même, tu as repris ton prénom pour ta carrière solo.
C’est différent. Je ne reprends pas le répertoire des Charts car cela correspond à une période de ma vie. Je n’étais pas très à l’aise avec leur répertoire alors que le mien maintenant me correspond vraiment. A l’époque j’étais jeune et c’est pas facile d’arriver avec des chansons qui te correspondent à cet âge là. Si je ne les chante pas c’est qu’aujourd’hui j’ai l’image que je voulais avoir, ce mélange pop-rock et chanson française. Ca me colle à la peau et c’est tant mieux ainsi. J’ai un regard très tendre sur cette période. Pour moi j’ai fais mes classes, j’ai été à l’armée. C’était un peu ça d’ailleurs (rires). On apprenait à ne pas avoir la grosse tête, à être sympa, à bien chanter juste, à être à l’heure. Mais quand tu es jeune, c’est difficile d’avoir le réalisateur que tu veux, l’auteur que tu veux, de poser tes conditions. A 15 ans, je n’en connaissais pas. A 22 ans, oui…

Et après la tournée, des projets ?
Je me remets déjà à travailler sur un prochain album.

Je sais qu’il y a quelque chose qui te tient à cœur c’est d’écrire des musiques de films.
Je considère Ennio Morricone comme un génie. Il m’a inspiré autant que U2, Barbara ou les Cure. J’ai appris la musique avec mon frère en écoutant ses disques et si un jour on me demandait de faire une musique de film, pourquoi pas.

Qu’est-ce que tu écoutes actuellement ?
J’écoute Coldplay, Keane qui est un groupe que j’aime beaucoup. Toujours U2 qui restent mes maîtres. Leurs derniers albums m’ont beaucoup plu. Il y a aussi Yann Destal, le chanteur de Modjo, qui n’est pas très connu mais qui a énormément de talent.

Les textes que tu sélectionnes, c’est à cause du thème ou bien c’est toi qui demandes une orientation ?
Je fais les musiques avant, à part Yalla où le mot était déjà écrit. C’est en hommage à sœur Emmanuelle qui m’avait charmé et impressionné et qui répétait toujours ce mot : Yalla. Je l’ai pris et je l’ai posé sur un refrain. A part ce texte, la plupart du temps je laisse les auteurs libres de me nourrir de leur culture et de leurs textes. Je ne suis pas auteur mais je sais ce que je veux dire et j’emmène les auteurs dans une certaine couleur.

Tu n’as jamais touché à l’écriture ?
A l’époque des Charts, j’ai écrit Je m’envole. Je n’ai pas de facilités pour l’écriture mais je m’exprime beaucoup au travers de ma musique. Je me crée un univers et je passe beaucoup de temps avec ma musique. Quand j’avais proposé la chanson Une dernière chance à Françoise Hardy, je lui ai dit : «je suis désolé de vous paraître stupide mais je ne sais pas quoi dire dans cette chanson». Elle m’a répondu : «Je vous comprends, vous avez déjà tout dit avec votre musique, elle parle votre musique ». Et j’ai trouvé ça extraordinaire, elle m’avait compris.

Peux-tu nous parler de tes collaborations avec d’autres artistes ?
Quand je n’étais pas connu, qu’il fallait que je m’exprime musicalement et que je gagne également ma vie de musicien, car j’étais fauché, j’ai beaucoup composé. Maintenant que j’ai la chance que ça fonctionne, j’ai arrêté. Florent Pagny est une de mes collaborations préférées parce qu’il est vraiment super. Il me fait confiance, me laisse libre. C’est le premier qui m’a fait réaliser un disque avec Châtelet les Halles, c’est-à-dire qu’il m’a laissé responsable de choisir le batteur, le bassiste, les arrangements, etc. et cela m’a mis en confiance. C’est pour cela qu’aujourd’hui, bien que j’aie arrêté de composer pour les autres, je ne travaille quasiment que pour lui lorsqu’il me le demande. Ismaël Lo était aussi une très belle collaboration.
Concernant Obispo, en dehors de mon premier album sur lequel on n’a pas vraiment composé ensemble, il y a eu la chanson Millésime qui a été co-composée : il a réalisé le couplet et je me suis occupé du refrain.

Et concernant Thierry Amiel ?
Je trouve qu’il a une très belle voix mais je n’ai pas choisi. Pendant mon premier album, j’ai écrit beaucoup de chansons pour un éditeur. Et comme pour un livre, lorsqu’on écrit des chansons, elles restent chez l’éditeur qui les place auprès d’artistes. Je suis ensuite parti et l’éditeur l’a proposé pour Thierry Amiel. On me l’a dit, je n’allais pas refuser : le mec est cool, il chante bien.

Que penses-tu du piratage et du phénomène MP3 ?
Quand tu vas acheter ta baguette, tu la payes. Il ne faut pas pirater sauf qu’en même temps des sociétés qui possèdent des maisons de disques fabriquent des lecteurs et graveurs MP3. Tout cela est pervers et bizarre. On te donne des logiciels pour pirater les morceaux et on t’engueule après. Il y a beaucoup de choses qui sont mal ou pas expliquées. Mais je pense qu’avec le temps, tout cela va rentrer dans l’ordre. Il faut que les gens qui téléchargent pensent aux jeunes qui font de la musique. Ce ne sont pas pour des artistes comme moi qui sont plutôt assez installés, même si on ne l’est jamais vraiment, mais pour des jeunes que ça craint. Les maisons de disques ont moins de budget et ne veulent plus investir sur de nouveaux talents.

Peux-tu nous dire un mot sur chacun de tes albums ?
Au milieu des autres. C’est le chemin de la liberté. C’est mon premier album solo avec lequel je suis complètement indépendant. Je sors de dix ans de groupe où on était quand même assez fermés sur nous-mêmes. D’un seul coup, je m’ouvre et je collabore avec plein de personnes. Je prends ma petite voiture pourrie et je vais tous les jours au studio d’enregistrement à Suresnes. A l’époque, Pascal Obispo ne travaillait pas avec beaucoup d’artistes. On était seuls tous les deux, on s’éclatait. Ce fut aussi ma rencontre avec Pierre Jaconelli (réalisateur). Très belle période. C’est l’album de la liberté… Calogero. L’album du succès donc du bonheur, du plaisir… « 3 ». La confirmation du deuxième. C’est la suite et le succès au rendez-vous. Pourvu que ça dure…


Calogeros Bros. : 1+1=3

La musique chez Calogero, c’est aussi une histoire de famille, avec son frère Gioacchino. Tout d’abord avec les charts, puis sur ses albums solo (avec la signature Calogero Bros. sur le premier, et Gioacchino sur les suivants) mais également pour d’autres artistes. Nous l’avons contacté en Angleterre tandis qu’il travaille avec son groupe Pure Orchestral.

Vous travaillez à deux au niveau de la composition, comment se répartit le travail ?
On n’a pas de règles spéciales pour se repartir le travail, c’est très au feeling. D’abord, aussi incroyable que cela puisse paraître, on ne travaille jamais ensemble. Très souvent, j’apporte des idées, des refrains ou inversement, c’est Calogero qui arrive avec des éléments. On ne se regroupe pas dans un endroit spécial, cela se fait dans le temps, naturellement.

Une fois que les idées sont là, y a t-il un travail en commun ?
Très souvent, je le laisse travailler sur tout ce qui est finition, car il y a bien évidemment une confiance absolue entre nous, donc je sais à chaque fois dans quelle direction vont les chansons. Je lui apporte une idée et il la maquette.

Le fait de travailler en famille est-il un avantage ou un inconvénient ?
C’est plutôt un avantage. Il se trouve que nous sommes tous les deux compositeurs et frères. On a la même sensibilité musicale bien que ceux qui nous connaissent parfaitement savent reconnaître les chansons qu’il a composées et les miennes.

Le processus de travail pour les autres artistes avec lesquels vous avez collaboré est-il le même ?
Non. Ce que Calogero peut chanter n’est pas forcément ce que les autres peuvent chanter. Je n’ai jamais proposé des chansons de Calogero à d’autres artistes. En général, c’est pour lui et c’est tout. En toute objectivité, c’est un interprète hors pair et ce qu’il peut interpréter, les autres ne le peuvent pas forcément. Il a une approche dans sa façon de chanter assez anglo-saxonne. Une chanson qui en fait est destinée à quelqu’un d’autre a souvent une plus grande portée quand lui la chante. Il a une magie dans la voix.

En-dehors de votre collaboration avec Calogero, quels sont vos projets ?
J’ai un groupe, Pure Orchestra (http://pureorchestra.artistes.universalmusic.fr) avec Stanislas Renoult qui est chef d’orchestre et le chanteur du groupe. On a sorti un premier album chez Universal, en anglais. Je voulais que le deuxième parte d’Angleterre et c’est pour cela que je suis parti là-bas car en France, c’est un peu difficile de chanter en anglais.


Lionel Florence : à fleur de mots…

Lionel Florence est une signature que l’on retrouve sur un grand nombre des tubes de cette dernière décennie : de Pascal Obispo (Lucie, Fan, Soledad…), Florent Pagny (Savoir aimer, Ma liberté de penser, Chanter…), David Hallyday (Tu ne m’as pas laissé le temps…), Johnny Hallyday (Vivre pour le meilleur), en passant par Natasha St Pier (Tu trouveras, Mourir demain…) ou bien encore Les 10 commandements, Kyo, Patrick Fiori, Patricia Kass, Maurane et Nolwenn.

Comment s’est passée la première rencontre avec Calogero ?
Je travaille beaucoup avec Pascal Obispo et j’ai rencontré Calogero sur son album Au milieu des autres. Je n’y ai pas participé mais un grand nombre de chansons ont été écrites par une partie de l’équipe d’auteurs et de compositeurs avec lesquels Pascal travaille. Je suis intervenu sur le suivant, Calogero, sur lequel j’ai écrit Tien An Men, Aussi libre que moi, Juste un peu de silence, Je vis où tu m’as laissé et Partir ou rester.

Cette collaboration était une volonté de votre part ou de la sienne ?
Calo est quelqu’un de très libre. Il choisit ses chansons au feeling et prend ce qu’il a envie de prendre. On lui propose des chansons, il prend ou il ne prend pas. Il aime travailler avec des gens avec qui il a l’habitude car il y a toujours une confiance, que ce soit avec Alana Filippi, Julie d’Aimé, Zazie ou moi, on sait ou on va. On connaît la façon dont on fonctionne, dont on travaille, il n’y a pas de mauvaises surprises. Cela se passe de manière très simple et très naturelle : on lui propose des chansons et après, il aime ou il n’aime pas.

Il compose généralement les musiques et ensuite les textes viennent dessus ?
Oui, souvent. C’est un vrai compositeur, un vrai mélodiste et généralement les mélodistes ont une inspiration qui fait que la musique arrive en premier. Toutefois, nous avons aussi travaillé ensemble avec des textes déjà écrits.

Comment se fait le choix des textes pour un album ? Y a t-il une orientation qui est donnée ?
Non, justement c’est ça l’avantage et on revient à cette notion de liberté totale. Il n’y a pas une écriture spécifique pour Calogero. Il a un univers tellement large avec une chanson comme Tien An Men, une chanson triste, ou Face à la mer qu’il a réalisée avec Passi, il passe pratiquement du rap à des balades, ou à des musiques beaucoup plus rock. Il n’y a pas vraiment de barrières, pas d’idées reçues. Il est un peu comme Florent Pagny. L’empreinte c’est lui qui la fait, ce ne sont pas les textes.

Par rapport à ses textes, comme il a un timbre de voix bien particulier, lorsqu’on écrit des paroles, y a t-il a des mots ou sonorités dont on sait qu’ils seront mis en valeur ou à l’inverse, à éviter ?
Non, je n’en tiens absolument pas compte. J’ai presque envie de dire que c’est un peu le défaut actuel des compositeurs qui vous proposent des yaourts (chansons avec des paroles qui ne veulent rien dire, dans un langage aux consonances anglophones, souvent utilisées sur des maquettes – NDL). Si le mot ne sonne pas comme sur le yaourt : là, ça se termine en « a » et là, ça se termine en « i », il faut donc que ça finisse en « i », on ne s’en sort plus. J’ai presque envie de dire que c’est au chanteur de se débrouiller après (rire).

Propos recueillis par Ludovic Gombert le 11 février 2005

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